Lectures sur Cuba



Sur la jeunesse de Fidel Castro:

« malgré sa jeunesse, Fidel avait un assez grand sens politique […] » [SZULC 1987 : 90].
« En ce temps-là, Castro pensait seulement qu’il pourrait propager ses idées de révolution sociale à travers les médias (dont il était en train de devenir le chouchou) » [SZULC 1987 : 90].
« Chibás et le jeune Castro, âgé de vingt et un ans, étaient devenus les deux dirigeants les plus importants de l’opposition à Cuba » [nb en 1947] [SZULC 1987 : 100].
« Mais le jeune Castro avait encore renforcé sa réputation d’être l’étoile montante la plus prometteuse du firmament politique cubain » [SZULC 1987 : 104].

Sur l’inscription historique et nationale de la Révolution cubaine
« […] du long processus de combat pour la liberté cubaine, qui a débuté au milieu du siècle passé, et dont le fait castriste n’est que le dernier volet. Sans cette perspective historique, toute tentative d’approche de la révolution castriste est vouée à l’échec. » [LAMORE 1983 : 3].
[LAMORE 1983 : 12] : le 28 janvier 1953, des milliers de jeunes, conduits par Fidel Castro, défilent pour commémorer la naissance de Marti
Dès son « premier discours en bonne et due forme » « le style de Castro est clairement reconnaissable […]. L’orateur [nb : Fidel Castro] avait commencé par rendre hommage à la "pléiade" (les allusions et références classiques étaient de rigueur dans tout discours politique cubain) des étudiants martyrs, tels que le cofondateur du parti communiste Julio Antonio Mella, assassiné pour avoir pris la défense d’un "mouvement universitaire progressiste". Comme Castro le savait et le sait encore, prononcer l’éloge des héros défunts est le plus sûr moyen de faire vibrer une corde sentimentale dans l’auditoire avant d’adresser à celui-ci le véritable message que l’on souhaite lui faire parvenir.
« Il accusa ensuite les "faux dirigeants" (il pensait à Batista et au président Grau) […] On trouvait déjà dans ce discours les procédés classiques de Castro, manipulant et modelant l’humeur de l’auditoire, enflammant les foules par des images verbales fulgurantes, et établissant sur le public la domination absolue de l’orateur dont les paroles et les pensées finissent par entraîner l’adhésion d’un public rendu docile. Si Castro n’a pas, en plusieurs décennies, modifié les fondements de sa technique, c’est qu’elle est efficace. Ce jour-là, dans l’amphithéâtre de l’université, il fit l’objet d’applaudissements nourris et sa réputation de tribun se trouva, dès lors, solidement établie. » [SZULC 1987 : 94]
« Castro s’était approprié Martí […] » [SZULC 1987 : 94]
« aujourd’hui, Marti est considéré à Cuba comme le prophète dont le paroles sont sacrées, et Castro est en passe d’acquérir la même stature grâce à la diffusion massive de chacune de ses déclarations publiques (orales ou écrite). » [SZULC 1987 : 95]
« Castro avait une sorte de génie pour tirer partie de l’Histoire cubaine afin de mobiliser les masses avant de mettre en scène l’un de ses coups de théâtre » [SZULC 1987 : 101] :
« Castro ne cache pas sa fascination et une certaine tendresse pour ce révolutionnaire inclassable [nb: Mella]. [...] cela suffit-il à expliquer pourquoi tous les grands discours de Castro, depuis les années 1950, sont ponctués de références à Mella? [....] En se réclamant de Mella, Castro revendique une voie et un projet cubains de la transformation sociale; il inscrit le castrisme dans une filiation historique nationale. » [ORTIZ : 13-14]


Sur la figure de Fidel Castro

« Car c’est l’Amérique qui a fait le prestige mondial dont Castro jouit en ces premières heures de son triomphe. Jamais un renversement de régime en Amérique latine n'avait suscité telle attention de la presse internationale. Trois articles d’Herbert Matthews, en première page du New York Times, au début de 1957, avaient « lancé » Castro dans l’opinion américaine et mondiale, avaient créé sa légende. Une interview publiée dans ce même journal l'avait présenté comme un nouvel Abraham Lincoln: opération publicitaire dont nul autre homme d'Etat étranger ne bénéficia aux Etats-Unis. L'image d'un jeune homme idéaliste et pur qui brandit le drapeau de la liberté et s'affirme un ardent démocrate est bien faire pour séduire le public américain. » [GUILBERT 1962 :72-73] 



Références bibliographiques:
GUILBERT Yves, La Révolution de Fidel Castro, Paris, Les Editions de la Table Ronde.
ORTIZ Jean, Mella, L'ange rebelle, Paris, L'Harmattan.
SZULC Tad, Castro.